Deux autocraties eurasiatiques ont évolués de démocracies illibérales en regimes maintenus par les larges pouvoirs du chef de l’Etat, d’une base partisane, du contrôle de plusieurs médias et de l’oppression des opposants pacifiques aux régimes. Le terme dictature est aproprié pour décrire la forme d’Etat russe et turque.

Ces chefs d’Etats, Vladimir Poutine et Reccep Tayyip Erdogan veulent former des nations puissantes avec un gouvernement fort. Poutine et Erdogan ne sont pas les alliés les plus unifiés, mais ont besoin l’un comme de l’autre. Dans leurs frontières orientales, ils se sentent forcés à coopérer pour stabiliser la région et leurs provinces. La Russie est divisé par le mécontentement de la jeunesse qui subit la corruption de l’Etat et la dépression économique. L’économie turque est également affaiblie, mais les nationalistes turques sont plus optimistes que leur président, qui est soutenu surtout par la droite nationaliste et islamiste, rétablie l’empire ottoman. Néanmoins, les cités turques, plus libérales qu’à la campagne, sont plus hostile à la politique du régime et à sa corruption.
La Russie du futur pourrait rester un système présidentiel autocratique ou être plus libéral ou peut-être même technocratique, dans le cas où elle veut garder la balance entre un parlement profondément divisé (avant Poutine) et un président autoritaire et corrompu. À mon avis, le régime présidentiel doit être limité à la formation d’un gouvernement technocratique, si les parties politiques au parlement n’ont pas de points en communs.
La Turquie s’allie aux pays européens, orientaux ou ex-sovietiques suivant leurs intérêts. Cette volatilité fait en sorte que le gouvernement perds de plus en plus d’alliés qui lui font profondément confiance. Les alliances russes et turques vont être vital pour la sécurité de l’Europe et du Moyen-Orient, ainsi que pour la rivalité entre les USA et la Chine. Si le corridor entre la Chine et l’Otan soit laissé ouvert, avec des pays ex-sovitiques et orientaux neutres, la balance des pouvoirs entre l’alliance atlantique et l’alliance chinoise et limiter l’influence de Beijing en Asie.
Les peuples slaves et turqes ont migré de l’europe de l’est et de l’asie centrale en europe du sud-est et en Anatolie. Leur culture s’est propagé et s’est adapté à certaines coutumes locales. Les peuples tükic se sont convertis à l’islam et les slaves au catholicism romain ou l’orthodoxisme issue surtout de la culture greco-hellenique. Poutine et Erdogan essaient avec une politique conservatrice religieuse de s’approcher aux russes orthodoxes ou turques musulmans sunnites. Les liens entre politique et religion peuvent faire en sorte que le président s’affirme comme se basant sur la morale de la religion. La personne du président devient donc en quelque sorte sanctifiée et ses appels à l’action devient des devoirs supposés moraux. Tandis que la politique et les institutions religieuses sont dominés par des hommes, Poutine et Erdogan ont entreprient des politiques mysogines. Les traditions patriarchales semblent défois résurgire dans certaines cultures. Ce genres de rechûtes montre que l’évolution historique n’est pas linéaire, mais plutôt une dialectique entre plusieurs éléments contradictoires ou synthétiques, comme G. W. F. Hegel le dirait.
Le turque et le slave sont des langues, d’après ce que j’ai entendu, assez porches. Le professeur en science politiqe russe Alexandre Dougine pourrait tisser des liens entre les cultures slaves, urales, caucasiennes, sibériennes, turques et persanes pour en créer un bloc intermédié et présidé par la par la Russie, ce qui est la base de son idéologie néoeurasiatique. Le but final est une révolution mondiale contre l’atlantisme, le libéralisme et la bourgeoisie. L’antipathie contre le libéralisme peut devenir un dénominateur commun de plusieurs Etats slaves et turques pour une alliance entre autocrates, mais les intérêts stratégiques dans le moyen-orient et en Afrique se contredisent trop souvent pour qu’une alliance stable puisse être forgé. Tandis que Poutine agis avec une brutalité froidement refléchie, Erdogan agit avec brutalité impulsive et chaotique. Le sentiment d’insécurité des dictatuers se manifeste selon un psychologue anglophone, dans leur actions violentes et arbitraires. Les liens politiques sont donc plutôt faible, vu que le nombre d’alliés traditionelles de la turquie diminue.
Erdogan cherche surtout à se faire des alliés dans les pays türkic et/ou musulmans, alors que son ambition de devenir leader et protecteurs des musulmans est contesté par l’Arabie-Saoudite, l’Iran et le Pakistan. Les ambitions néo-ottomanistes de la Turquie sont donc contestés par des ambitions similaires. Le nationalisme turque pourrait-il s’opposer au nationalisme iranien et déclencher une guerre pour reconquérir les provinces iraniens turcophones? La Turquie possède la deuxième armée de l’OTAN et l’Iran une armée presque aussie grande. Mais une telle annexion pourrait mettre en cause tous les frontières du Moyen-Orient formées par les accords Sykes-Picot. Une unification des Etat türkics dans le même Etat unicitaire est d’ailleurs peu problable, car les dictateurs ne vont pas se mettre d’accord qui va le diriger. Pour la même raison Gamal Abdel Nasser, Mouamar Kadhafi et d’autres autocrates arabes n’ont pas pu materialiser un grand Etat arabe unifié.
Les sociétés des arabes semblent avoir évoluer culturellement de façon différente. Tandis que la Tunesie aurait pris une évolution plus progressiste l’Algérie voisine serait plus conservatrice. Puisque les Azéris, Turques et Turkmènes vivent dans des juridictions différentes pendant des décennies, il est bien intéressant de trouver des alternances issue des évolutions différentes. Il existe un sentiment pantürkic entre les peuples et Etats türkic. Il peut en suivre une solidarité, qui protège les intérêts vitaux des individus d’Asie Centrale et de l’Anatolie ou un prétexte pour réétablire un nouvel empire turque. Un nationalisme pantürkic va sans doute entrer en rivalité avec un empire pan-chiite et le nationalisme iranien et kurde.
La Russie de sa part veut former et uniformiser le commerce et l’industrie dans l’espace entre Bruxelles et Beijing. Vont-ils pouvoir faire une économie prospère et populaire dans tous les sens du terme? Cette union pourrait servir à la Russie pour étendre son influence dans les anciennes provinces de l’empire russe. À la fin l’économie avec ses voisins devient un sujet géopolitique de plus en plus pressant.

Sources et plus d’infos sur le néo-eurasianisme:
Moscou, garant de la logique territoriale face au… – Études internationales – Érudit (erudit.org)
Jeux de miroir. L’idéologie eurasiste et les allogènes de l’Empire russe – Persée (persee.fr)
Laruelle Marlène, L’idéologie eurasiste russe ou Comment penser l’empire – Persée (persee.fr)
Julien Sita, 1er Mars 2021.